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Les raisons économiques des choix bioéthiques autour de l'embryon Transmis par Père Patrick le 27 septembre 2007 à 10:25 Sujet : Embryon |
![]() L'irruption des lois du marché dans la biologie transforme-t-elle le rôle du scientifique ? Axel Kahn, généticien, répond sans hésiter dans un interview : "Elle a eu un effet volcanique, quasi cataclysmique sur la biologie. Le génie génétique...est au coeur du combat économique. Il est avec l'information et l'énergie, l'un des ensembles économiques les plus porteurs pour le siècle prochain ." De fait, le débat sur la brevétabilité du genôme bat son plein, particulièrement aux USA. La question des cultures de cellules souches embryonnaires est semble -t-il déjà grévée par la pratique actuelle de cultures en Californie qui seraient préparées par des entreprises de biotechnologies, détentrices de monopoles et de brevets, à rémunérer. Ainsi la société Geron (Menlo Park, Californie) vient d'acheter 5 MF les services du Dr Wilmuth, le cloneur de Dolly et elle estime que la prise de brevets exclusifs sur les tissus différenciés à partir de cellules souches embryonnaires (technique du clonage reproductif) pourrait rapporter plus de 100 milliards de dollars dans les dix prochaines années en raison des perspectives du marché américain. Le chercheur de même que les organisateurs et les bailleurs de fond de la recherche peuvent avoir de bonnes intentions, ou de mauvaises intentions, des fins personnelles et des intérêts financiers, qui peuvent orienter la médecine dans une nouvelle perspective de commercialisation, voire de publicité. La question des recherches sur l'embryon humain est ainsi particulièrement marquée de la problématique économique : "dans ce domaine, l'éthique normative est bien fragile face aux intérêts économiques d'une industrie biotechnologique et pharmaceutique en pleine évolution. Après le NH aux USA, la commission de la Communauté Européenne de Bruxelles vient de donner son accord pour financer des projets d'expérimentation humains dans des pays qui l'autorisent. Pourquoi préférer l'option de l'expérimentation humaine à celle d'embryons de macaques? On nous répondra qu'on étudie mieux ainsi directement l'espèce humaine. Pourtant, il est habituel d'effectuer des recherches sur les espèces animales pour épargner des risques inutiles à l'espèce humaine, au moins dans un premier temps d'expérimentation. Mais il est vrai qu'il y a d'autres raisons à ce choix: les embryons de macaques sont coûteux et mieux protégés par la loi. La perspective d'instrumentalisation de l'embryon et des femmes donneuses d'ovules en raison de la rareté des produits est déjà aux USA source de profits (vente d'ovules). Si on reprend aussi ce qui s'est produit concernant l'ICSI, c'est en raison de son efficacité que la méthode a été plébiscitée par les couples et donc mise en oeuvre sans expérimentation : derrière cette attitude des médecins, il y a la pression des résultats, non seulement par rapport aux couples demandeurs, mais aussi la pression économique, puisque les centres agréés sont rémunérés en fonction des résultats ! Il y a un autre effet pervers de l'accréditation, c'est l'instrumentalisation des couples. Deux conclusions en guise de provocation à la réflexion, émanent d'un juriste et d'un gynécologue : Le Pr.Sureau, gynécologue, conclut que le débat éthique dans une démocratie plurielle pourrait avoir des conséquences sur le mode de cotisation sociale : "Puisque rien n'est simple, puisqu'il n'y a plus de principes transcendants, mais que seule subsiste une totale diversité, l'unique solution pour faire cohabiter des communautés fidèles à des règles contradictoires est de gérer cette diversité jusqu'à son ultime manifestation, c'est à dire l'organisation d'un système de distribution de soins éclaté avec des implications économiques et même judiciaires, spécifiques pour chacune de ses composantes. " Le professeur de droit à Paris X Nanterre, J- P. Baud, y voit lui, dans des termes écrits à l'acide chlorhydrique, des conséquences quant à la légitimité morale globale des progrès de la science en matière de procréation, en raison de la situation mondiale de la santé : "Le génocide sanitaire est programmé comme une nécessité par ces lois du marché qui avaient déjà imposé comme une obligation incontournable de tuer les hémophiles par le virus du sida et de détruire une partie de la population européenne par la maladie de Creutzfeld- Jacob. Ce sont ces lois qui dirigent une industrie pharmaceutique, qui préfère investir dans l'amélioration des médicaments de confort pour les pays riches plutôt que dans la recherche d'un vaccin contre le paludisme et le sida , maladies dont les hécatombes affectent principalement des populations sans ressource. Je ne sais si ce génocide cessera un jour. Mais je sais que c'est seulement à ce moment -là qu'on pourra ajouter d'autres chapitres aux manuels de bioéthique, par exemple sur la façon de fabriquer les bébés"
Pierre, diplômé en "éthique, santé, et droits de l'homme" |
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