image du site

Accueil Sujets Téléchargements Top 30 Le 09 septembre 2010
La question de l'embryon face à l'avortement, à la pilule et aux PMA.
Transmis par Pere Patrick le 27 septembre 2007 à 10:25
Sujet : Embryon
Embryon


La question de l'embryon...

L'avortement n'est pas un problème contemporain ni l'acquis d'une civilisation (la notre) qui enfin reconnaîtrait un droit fondamental à la femme. L'avortement a été pratiqué dans toutes les civilisations, des plus primitives aux plus développées. Hippocrate, fondateur de l'éthique médical au 4ème siècle avant JC, a fait couler beaucoup d'encre par cette phrase de son fameux serment : "je ne procurerai pas à une femme de pessaire abortif".

Cette phrase du Serment s’insèrait en réaction contre la philosophie politique de Platon, qui défendait un eugénisme d’État pur et dur et contre les pratiques médicales de son époque.

Avec le Serment d’Hippocrate, nous nous trouvons devant un témoignage de l’évolution des esprits. Ce témoignage, ajouté à celui d’Aristote, atteste d’une évolution dans la conscience éthique grecque qui cesse de se référer quasi exclusivement à l’intérêt de la Cité pour protéger l'embryon et l'enfant né.

Ainsi l'esprit de la loi Veil en France (loi qui a instauré l'avortement en 75) n'était pas de considérer l'embryon comme une chose, comme un matériau, comme un corps étranger ou un amas de cellules. Il s'agissait de considérer la détresse de certaines femmes et de permettre dans ces cas précis d'éviter des avortements clandestins dramatiques. La loi dans son article premier indiquait bien : "la loi garantit le respect de l'être humain dès le commencement de la vie".

Même si le principe du respect était immédiatement contredit par la loi, il s'agissait d'un recours ultime, d'une exception. Aujourd'hui, en France, il y a un avortement pour trois naissances (220 000 pour 750 000).

Le nombre d'IVG a augmenté en France de 6% entre 1993 et 1998, malgré le développement des moyens de contraception. C'est dire que en pratique, l'interruption volontaire de grossesse devient une suppléance courante des défaillances de l'usage des contraceptifs. L'enfant qu'un voulait éviter par la contraception, n'est pas accueilli en cas d'échec ou d'irresponsabilité contraceptive. Face à l'avortement qui est une intervention chirurgicale, on a développé la recherche en direction des moyens chimiques comme le RU 486 ou encore la pilule du lendemain qui nécessite des précisions : La pilule du lendemain est une préparation à base d'hormones (celle-ci peut contenir des oestrogènes, des oestroprogestérones ou uniquement des progestérones) qui, prise dans les 72 heures après un rapport sexuel présumé fécond, met en route un mécanisme avant tout de type "antinidatoire", c'est-à-dire qu'il empêche que l'éventuel ovule fécondé (qui est un embryon humain), désormais arrivé dans son développement à l'état de blastocyste (5-6 jour de la fécondation), ne s'implante sur la paroi utérine, à travers un mécanisme d'altération de la paroi elle-même. Le résultat final sera donc l'expulsion et la perte de cet embryon. L'action "antinidatoire" de la pilule du lendemain n'est autre, en réalité, qu'un avortement réalisé à travers des moyens chimiques. Ce n'est que si l'absorption de cette pilule devait précéder de quelques jours l'ovulation que celle-ci pourrait parfois agir à travers un mécanisme qui bloque l'ovulation (dans ce cas, il s'agirait d'une action typiquement "contraceptive"). Toutefois, la femme qui a recours à ce type de pilule le fait dans la crainte de pouvoir se trouver dans une période féconde et donc dans l'intention de provoquer l'expulsion de l'éventuel être conçu. D'ailleurs, il apparaît assez clairement que l'intention de ceux qui proposent l'utilisation de cette pilule est finalisée directement à l'interruption d'une éventuelle grossesse en cours, exactement comme dans le cas de l'avortement.
La grossesse, en effet, commence à partir de la fécondation et non pas de l'implantation du blastocyste sur la paroi utérine, comme on tente au contraire de le présenter de façon implicite en parlant d'action interceptive du produit. C'est aussi pour cette raison que le stérilet est abortif et non contraceptif, et que les pilules selon leur dosage peuvent être aussi abortives : pour le savoir, il faut simplement regarder la notice : si on mentionne un effet possiblement antinidatoire, il s'agit donc d'une pilule potentiellement abortive.

Face à la femme qui se pose la question de mettre fin à sa grossesse à cause de sa détresse humaine, face à l'adolescente qui a eu un rapport non protégé, face au diagnostic d'un éventuel handicap de l'enfant à naître, la réponse médicale et familiale aujourd'hui la plus fréquente est de supprimer le problème en supprimant l'embryon. Alors que la réponse la plus humaine est d'accompagner la personne ou la famille en détresse, paniquée face à la nouvelle d'une grossesse, du risque d'une grossesse ou de la possibilité d'un enfant handicapé. Il est consternant de constater que tout ce que la loi Veil avait prévu pour donner aux femmes un vrai choix alternatif de l'avortement n'a jamais été développé et que la nouvelle loi a purement et simplement supprimé cet aspect. Le Téléthon, même avec ses limites, est un heureux exemple d'une attitude de soutien des familles d'enfants handicapés : la recherche médicale est ainsi financée pour la myopathie, par des fonds publics et par ce soutien médiatique. Mais la trisomie 21, elle, pourtant la plus fréquente des causes de handicap de l'enfant et première maladie visée par le diagnostic prénatal est peu financée par des fonds publics : seule la fondation privée Jérome Lejeune effectue des recherches pour prévenir et traiter la maladie, et également soutenir les familles. Sinon, dans la société en général, les familles qui font le choix d'accueillir un enfant trisomique commencent même à être montrées du doigt (cfere l'article de X. Mirabel).

A l'opposé, quand la grossesse est tant désirée par un couple qui ne parvient pas à mettre en route une grossesse, la médecine va prendre en charge la souffrance du couple ou son désir d'enfant par l'assistance médicale à la procréation (AMP) : il s'agit d'un ensemble de techniques dont les plus connues et les plus pratiquées sont la stimulation ovarienne médicamenteuse, l'insémination, la FIVET et l'ICSI (injection intracytoplamique d'un spermatozoïde dans un ovule). Sans entrer dans le détail des techniques ni dans la totalité des questions éthiques soulevées par l'utilisation de ces techniques, quelle est la place faite à l'embryon dans l'AMP ?

L'embryon est ici extrêmement désiré par la femme, par le couple : la technique d'AMP vise à le créer (fécondation in vitro ou ICSI) ou à favoriser la rencontre de l'ovule et du spermatozoïde (simple stimulation ovarienne, insémination). Dans le cas où l'on crée l'embryon, on peut choisir de conserver ou non les embryons : c'est ainsi que se sont constituées les banques d'embryons congelés à partir des embryons surnuméraires, c'est à dire créés en excès par les médecins et non voulus par les parents. On est là dans une situation totalement absurde. Il y a 500 000 embryons congelés dans le monde dont on ne sait pas quoi faire : quand 3000 embryons ont été décongelés en Grande-Bretagne, ce fut un véritable tollé de l'opinion publique. Aujourd'hui, les chercheurs souhaitent pouvoir utiliser ces embryons à fin de recherche. L'embryon devient ainsi un matériau humain. On peut aussi, après avoir implanté dans l'utérus plusieurs embryons pour augmenter le taux de réussite d'une FIVET, supprimer les embryons "en trop": ainsi si le couple n'est pas attentif à la proposition médicale ou mal informé, il peut en même temps bénéficier d'une grossesse et d'un ou plusieurs avortements. Tous les embryons ne sont décidément pas égaux. De plus, une nouvelle technique appelée diagnostic préimplantatoire, permet de sélectionner les embryons pour éliminer ceux porteurs d'un gène pathologique, ce qui est une porte grande ouverte à l'eugénisme. C'est ainsi que déjà certains couples ont voulu et pu choisir le sexe de leur enfant.

Il existe donc une clef commune à toutes ces questions : quel est pour la société et pour chacun de nous, l'identité de l'embryon ? Si on considère l'embryon comme une personne et qu'on le respecte donc, la plupart des questions sont en effet résolues : En effet, le diagnostic prénatal aura alors seulement le but d'informer les parents sur la santé de leur enfant, ou de pouvoir le traiter s'il est atteint d'une affection curable : plus d'interruption médicale de grossesse pour supprimer un enfant handicapé.
Le diagnostic préimplantatoire qui est un tri d'embryon est alors en soi inacceptable puisqu'il constitue une discrimination entre embryons dont on élimine certains. L'AMP, chaque fois qu'elle utilise la réduction embryonnaire et la congélation d'embryon qui ne seront plus implantés est alors inacceptable. Mais il y a des techniques d'AMP qui sont encore éthiquement discutables mais acceptables pour la société (insémination, stimulation ovarienne, FIVET purifiée, GIFT).
La recherche sur l'embryon est autorisée si et seulement si elle ne nuit pas à l'embryon, considéré comme tout autre malade.
Le préjudice d'être né handicapé n'a plus lieu d'être si la seule solution alternative aurait été l'avortement thérapeutique.
Et l'avortement retrouverait bien sûr son caractère éthiquement inacceptable quelques soient les circonstances de détresse, la mort délibérée d'un innocent ne pouvant pas être l'objet d'un

Commentez cet article :







* renseignez ce champ (avec une adresse valide) si c'est la première fois que vous postez un commentaire

Les commentaires sont la propriété de leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leurs contenus !

Sujets associés

questions.gif announces.gif embryon.gif

Les articles sont la propriété de leurs auteurs respectifs
Toute reproduction totale ou partielle est interdite sans l'accord des auteurs

Copyright © 2007