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Le clonage therapeutique: aspects scientifiques Transmis par Perepatrick le 17 octobre 2007 à 14:43 Sujet : Clonage |
![]() LE CLONAGE THÉRAPEUTIQUE aspects scientifiques L’expression “cellule souche” a pour définition communément acceptée d’être une cellule qui a deux caractéristiques: 1) la capacité d’auto-renouvellement illimité, c’est-à-dire de se reproduire longtemps sans se différencier; 2) la capacité de donner naissance à des cellules progénitrices de transition, avec une capacité limitée de prolifération, cellules dont proviennent des populations de cellules hautement différenciées (nerveuses, musculaires, hématiques, etc.). Depuis trente ans environ, ces cellules ont constitué un vaste domaine de recherches, soit dans des tissus adultes, soit dans des tissus embryonnaires et dans des cultures in vitro de cellules souches embryonnaires d’animaux d’expérimentation. Mais l’attention publique pour ces cellules a été récemment attirée par le franchissement d’un nouveau pas : la production de cellules souches embryonnaires humaines. Les cellules souches embryonnaires humaines La préparation de cellules souches embryonnaires humaines (ES, ESc, Embryo Stem cells) implique aujourd’hui : 1) la production d’embryons humains et/ou l’utilisation des embryons surnuméraires provenant de la fécondation in vitro ou de la cryoconservation; 2) leur développement jusqu’au stade de blastocyste initial; 3) le prélèvement des cellules de l’embryoblaste ou masse cellulaire interne - opération qui nécessite la destruction de l’embryon; 4) la mise en culture de ces cellules sur une couche nourricière de fibroblastes embryonnaires irradiés de rats en terrain adapté, où elles se multiplient et s’associent jusqu’à former des colonies; 5) mises en culture répétées des cellules des colonies obtenues, qui conduisent à la formation de lignées de cellules capables de se multiplier indéfiniment, tout en conservant les caractéristiques de cellules souches (ES) pendant des mois et des années. Cependant, elles ne constituent que le point de départ pour la préparation des lignées de cellules différenciées, à savoir des cellules qui possèdent les caractéristiques propres aux différents tissus (musculaires, nerveux, épithéliales, hématiques, germinaux, etc.). Les méthodes pour les obtenir sont encore à l’étude; mais l’inoculation d’ES humaines chez les animaux d’expérimentation (rat), ou leur culture in vitro en terrain conditionné jusqu’à leur association, ont démontré qu’elles sont capables de donner naissance à des cellules différenciées. Ces résultats ont ébranlé le monde scientifique autant que biotechnologique - en particulier médical et pharmacologique - de même que le monde commercial, médiatique et politique : grandes apparaissaient les espérances laissant envisager que les applications qui pourraient en résulter ouvriraient des chemins nouveaux et plus sûrs pour la thérapie de maladies graves, chemins que l’on est en train de rechercher déjà depuis des années. Le clonage thérapeutique Il était apparu évident que l’usage thérapeutique des ES, comme telles, comportait des risques notables, puisqu’elles étaient cancérigènes, comme on l’avait constaté dans l’expérimentation sur le rat. Il aurait donc été nécessaire de préparer des lignées spéciales de cellules différenciées en fonction des besoins ; et il ne semblait pas possible de les obtenir dans un court laps de temps. En réalité, même si on avait réussi, il aurait été bien difficile d’être certain de l’absence totale de cellules souches dans ce qui est inoculé ou dans l’implant thérapeutique, avec les risques qui s’y rattachent; et, de plus, on aurait dû recourir à des traitements ultérieurs pour surmonter l’incompatibilité immunologique. Pour ces raisons, on proposa trois chemins de “clonage thérapeutique" : 1. Transfert du noyau d’une cellule d’un sujet donné dans un oocyte humain énucléé, suivi d’un développement embryonnaire jusqu’au stade de blastocyste et de l’utilisation des cellules de la masse cellulaire interne (ICM), en vue d’obtenir les ES et, à partir d’elles, les cellules différenciées souhaitées. 2. Transfert du noyau d’une cellule d’un sujet donné vers un oocyte d’un autre animal. Un éventuel succès devrait conduire - comme on le suppose - au développement d’un embryon humain, qu’on pourrait utiliser comme dans le cas précédent. 3. Reprogrammation du noyau d’une cellule d’un sujet donné en fusionnant le cytoplasme des ES avec le karyoplaste d’une cellule somatique, obtenant ainsi un “cybride” : une telle possibilité est encore à l’étude. De toute façon, même cette voie semblerait exiger une préparation préalable des ES d’embryons humains. Au stade actuel, la recherche scientifique s’oriente de préférence vers la première voie, mais il est clair que, du point de vue moral, comme nous le verrons, les trois solutions envisagées sont inacceptables. Les cellules souches adultes À partir des études sur les cellules souches de l’adulte (ASC - Adult Stem Cells), réalisées durant une trentaine d’années, il était apparu clairement que, dans de nombreux tissus adultes, sont présentes des cellules souches, capables de ne donner naissance qu’à des cellules propres à un tissu donné. On ne pensait donc pas à la possibilité de leur reprogrammation. En revanche, au cours de ces dernières années on découvrit aussi dans différents tissus humains des cellules souches pluripotentes - dans la moelle osseuse, dans le cerveau, dans le mésenchyme de divers organes et dans le sang du cordon ombilical - capables alors de donner naissance à plusieurs types de cellules, en majorité hématiques, musculaires et nerveuses. La satisfaction, malgré tout prudente, avec laquelle se concluent beaucoup des travaux scientifiques est un indice des grandes promesses que les “cellules souches adultes” permettent d’entrevoir pour une thérapie efficace de nombreuses pathologies. Tous les progrès et les résultats déjà obtenus en ce qui concerne les cellules souches de l’adulte laissent donc entrevoir non seulement leur grande plasticité, mais aussi leur grande capacité d’utilisations, vraisemblablement pas différente de celle des cellules souches embryonnaires étant donné que la plasticité dépend en grande partie d’un contrôle génétique, qui pourrait être reprogrammé. Aspect éthique Est-il moralement licite de réaliser le “clonage thérapeutique” pour la production de cellules souches embryonnaires ? La réponse est négative, pour la raison suivante : tout type de clonage thérapeutique implique la production d’embryons humains puis leur destruction (par l’ablation de la masse cellulaire interne du blastocyste, qui altère de façon grave et irréparable l’embryon humain, en arrêtant son développement), en vue d’en obtenir des cellules souches. Donc en raison du respect dû à l'embryon, comme on l'a vu précédemment, il n'est pas possible, même pour traiter des malades, d'utiliser une technique qui détruit un être humain : une fin bonne ne rend pas bonne une action en soi mauvaise. Les chercheurs disposent d'une autre voie avec les cellules souches adultes : c'est la voie la plus raisonnable et la plus humaine en vue d’un progrès convenable et valable dans ce domaine nouveau qui s’ouvre à la recherche et qui permet d’envisager des applications thérapeutiques prometteuses. Cela représente sans aucun doute une grande espérance pour un bon nombre de personnes qui souffrent. Le clonage reproductif Le clonage reproductif est unanimement condamné et ne mérite pas à mon avis de développements. |
Par Paul le 17 octobre 2007 à 14:45
Genial cet article ;-)
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